Faustine, accompagnatrice, facilitatrice et éducatrice Montessori chez les 3—6 ans.

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

Après avoir validé un diplôme d’école de cinéma, j’ai été intermittente du spectacle en tant que vidéaste et musicienne pendant quelques années. Pendant trois ans, j’ai travaillé sur le spectacle pédagogique Peace and Lobe, spectacle mélangeant histoire de la musique et prévention des risques auditifs, à destination d’un public d’adolescents. A cette même époque, j’ai également animé de nombreux ateliers de musique et vidéo pour les scolaires et réalisé de nombreuses tournées en France et à l’étranger.

La perte de mon statut d’intermittente m’a engagée à m’investir en qualité d’EVS auprès de plusieurs enfants à besoins particuliers au sein de classes de maternelle et primaire. Cette expérience m’a engagée à m’intéresser à différentes pédagogies « alternatives » pour proposer d’autres formes d’apprentissages et d’intégrer au mieux les enfants que j’accompagnais dans leur vie de classe. Au cours de mes recherches, j’ai découvert le projet de Céline Alvarez qui m’a enchanté. Mon engouement pour cette expérimentation m’a donné l’espoir de voir les choses bouger au sein de l’Education Nationale. J’ai ainsi repris les études, désireuse de participer un jour au changement d’un modèle d’éducation que j’avais moi-même subi et de « changer les choses de l’intérieur ». 

Ces deux années d’études (Licence 3 de sciences de l’éducation et master 1 MEEF) m’ont permis d’acquérir un bagage théorique, d’appréhender différentes approches sur le développement de l’enfant mais m’ont surtout offert mes premières expériences d’enseignement lors de stages, confortant le fait que j’aimais partager avec les enfants.

J’ai ensuite décidé de me former à la Pédagogie Montessori au centre La Source à Saint Cannat. 

Pourquoi es-tu devenue accompagnatrice/facilitatrice/éducatrice 3-6 ans ?

Je suis très touchée par cette tranche d’âge lors de laquelle de nombreuses choses se jouent tant au niveau social qu’au niveau des découvertes faites. Il me semble que la maternelle  est une période importante pour permettre de s’ancrer et vivre une scolarité qui fait sens, qui soit douce et enthousiaste. Je suis heureuse d’accompagner les enfants sur leur chemin, de partager leurs moments de grandes joies ou de grandes tristesses, de les encourager, les soutenir, leur donner la sécurité nécessaire pour commencer leur vie d’école. 

Pourquoi t’impliques-tu dans ce projet d’école alternative ?

Lors des stages effectués pendant l’année de M1, j’ai eu la chance de travailler avec des enseignants très investis dans leur travail, soucieux de transmettre leur expérience avec patience et amour du métier et les échanges avec eux furent très formateurs. Cependant, à force de passer du temps au coeur de l’institution, tant à la faculté que dans les écoles, j’ai compris qu’il serait difficile de m’y sentir bien en tant qu’individu et qu’à titre personnel il fallait m’investir sur des projets ayant des visions plus enclines à la nouveauté et au changement. M’investir dans une école alternative est donc devenue une évidence, un véritable choix. C’est une expérience riche, tant au niveau de l’accompagnement des enfants que de l’implication dans un projet collectif qui fait sens.

Selon toi, que va apporter cette école aux enfants ?

J’espère que cette école leur apportera l’envie d’être solidaires et bienveillants, de rester curieux et ouvert d’esprit, d’être confiant en ce qu’ils sont et ont à partager, qu’elle leur permettra de grandir le plus librement possible, en gardant toujours en eux l’émerveillement de l’enfance.

Une citation qui résume bien l’école d’aujourd’hui ?

L’éducation consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être. (Krishnamurti)


Camille, directrice et accompagnatrice, facilitatrice chez les 6—11 ans.

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

J’ai eu la chance d’avoir pu écouter mon intuition tout au long de ma vie professionnelle. Professeure des écoles à l’étranger pendant plusieurs années, j’ai pu découvrir des fonctionnements pédagogiques originaux, mêlant les pratiques de langues locales et le français et entrelaçant la culture du pays et celles des enfants. C’est enrichie de ces rencontres et de ces expériences qu’en parallèle, j’ai résolument fait varier mes pratiques au sein de la classe vers davantage de coopération, de démocratie et de création tout en essayant d’accueillir les familles le plus possible. L’année dernière, c’est en tant qu’animatrice d’ateliers philosophie que j’ai tout d’abord été accueillie  à l’école d’Aujourd’hui.

Pourquoi es-tu devenue accompagnatrice des 6-11 ans ? 

Ressentir une véritable harmonie entre mes convictions personnelles et professionnelles était devenu pour moi, une priorité !    

Pourquoi t’impliques-tu dans ce projet d’école alternative ?

Cette école est un vrai système vivant qui rayonne de l’intérieur vers l’extérieur mais aussi de l’extérieur vers l’intérieur. Une place belle est laissée à la créativité, à la spontanéité, à la curiosité, à l’expression des enfants sans compromettre les savoirs essentiels. 

Ensuite, la proximité avec le village, le potager et la forêt est une réalité de l’école. Les nombreux intervenants, les parents bénévoles, les habitants du village de Fons sont un atout culturel extrêmement enrichissant. 

Cette école alternative est une chance, quel plaisir d’en faire partie !

 Selon toi, que va apporter cette école aux enfants ?

A l’école d’Aujourd’hui les arts, les temps de parole, les activités physiques, les projets individuels et collectifs, les moments en pleine nature sont mis en valeur. Au quotidien, les enfants ont le temps, l’espace et la liberté de faire jaillir leurs passions et leurs talents et de s’approprier le socle des apprentissages à leur rythme.

Une citation qui résume bien l’école d’aujourd’hui ?

Pablo Neruda – Il meurt lentement
Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux!